La la langue, Aliyah Morgenstern, Susie Morgenstern, Serge Bloch, Saltimbanques, 13€90

 

Un travail de linguiste

La la langue, c’est l’histoire du développement du langage chez le jeune enfant. Aliya Morgenstern est linguiste, elle explique ici avec toute la précision de sa profession le processus qui permet au petit humain d’apprendre à parler.

Ses explications, elle nous les livre dans la langue du récit plutôt que dans un langage scientifique. Elle est bien placée pour savoir à quel point la forme est importante.

Un travail d’autrice.

Pour cela, elle s’est associée à sa mère, Susie Morgenstern, autrice à succès de romans jeunesse. Mais bien sûr, quand on s’adresse aux enfants, il y a aussi une autre forme de narration, qui m’est particulièrement chère. Les images, qui ont été confiées à Serge Bloch, qui a déjà illustré plus d’une centaine d’albums (dont les séries « Max et Lili » et « SamSam »)

Un travail d’illustrateur.

Autant dire que nous avons affaire à un trio de haut vol, chacun maîtrisant parfaitement sa partition, et qu’ils nous offrent une œuvre polyphonique tout à fait réussie.

On y apprend comment le langage se construit dès la naissance, et même avant, et on suit les différentes étapes, du babil aux phrases construites.

Le développement moteur et affectif sont également abordés.

Le texte est rédigé à la 2eme personne, pour interpeller le jeune lecteur. Car c’est un album qui s’adresse aux enfants (ils peuvent l’apprécier dès 6 ans), tout autant qu’aux adultes qui en prennent soin.

Il faut dire que le mécanisme de l’apprentissage du langage est tout à fait fascinant pour l’enfant, qui prend conscience à la lecture de cet album de tout ce qu’il a appris petit à petit. Dans un cadre familial, c’est l’occasion d’un beau moment de complicité, qui permet de se remémorer les premiers mots de l’enfant, ses petits défauts de prononciation, le bain langagier dans le quel on l’a plongé dès sa naissance.

Un super outil en formation.

Et puis, il faut que je vous le dise, sans vouloir sembler trop égocentrique, quand j’ai eu cet album entre les mains, j’ai eu l’impression qu’il avait été fait pour moi. Ou, plus exactement, il était l’outil idéal qui me manquait pour accompagner mes formations.
Je forme des professionnels de la petite enfance ou des bibliothécaires jeunesse à la pratique de la lecture à voix haute.
Bien entendu, j’y aborde assez longuement le développement du langage et le rôle essentiel de la lecture dans ce processus.

La la langue est le prolongement idéal de ces formations, les stagiaires peuvent y retrouver les étapes importantes et des fourchettes d’âges dans une forme ludique qu’ils peuvent même partager avec des enfants. Que demander de plus?