Mon chat sauvage, Isabelle Simler, éditions courtes et longues,15€

Il a le format d’un petit roman, peut se lire comme un album et a la précision d’un documentaire. Autant dire que nous avons affaire à un livre inclassable. J’imagine que les bibliothécaires vont s’arracher les cheveux pour savoir où le ranger mais moi, j’avoue, j’aime assez ce côté « hors des cases »

D’autant qu’il offre plusieurs niveaux de lectures tant dans les images que dans le texte.

C’est un portrait du chat, présenté façon documentaire animalier. Les caractéristiques de la bête (sa vivacité, son comportement chasseur, son tonus) sont sans cesse contredites par l’image qui montre un chat beaucoup plus domestique que sauvage, tour à tour vautré sur le radiateur, installé sous la chaleur d’une lampe ou caché derrière le rideau.

Y aurait il un brin de mauvaise foi dans la vision du narrateur qui nous présente son chat?

Je dirais plutôt que c’est un regard à peine déformé par l’amour porté à l’animal, rien de plus naturel!

En contrepoint à ce regard partial, un sous texte plus petit vient enrichir certaines pages.

Il apporte des informations très précises sur les propriétés du chat (imaginiez vous qu’il peut courir 100 mètres en 9 secondes seulement ? Ou qu’il a un champ de vision de 287°?)

Ce double décalage, entre les deux types de texte et les images, font de ce petit album un bijou de drôlerie.

Et bien sûr, on est charmé par les magnifiques illustrations d’Isabelle Simler, si finement travaillés qu’on croirait voir bouger chaque moustache du félin.

Idéalement, un album à coupler avec son pendant, « Mon escargot domestique », tout aussi réussi.