t es pas mort atherine Prieur, Pastel, couverture T’es pas mort, Catherine Pineur, Pastel, 2022, 12€

Franchement, je vous pose la question, est-ce bien sérieux de rigoler avec la mort? D’en faire un jeu?

Probablement pas, mais pour penser les grandes questions du monde, on ne peut pas toujours être sérieux. Je dirais même qu’un peu de légèreté peut être tout à fait salutaire pour mieux aborder les sujets difficiles.

Suzy, Joséphine et Barnabé, trois petits canards, jouent dehors. C’est Joséphine qui propose de jouer à faire le mort. Les deux autres sont intrigués, ils ne maîtrisent pas les règles de ce jeu là.

t es pas mort Catnerine Prieur, page intérieure

C’est pourtant simple, et plutôt reposant. Il suffit de ne pas bouger. Bon, quand on a le nez qui grattouille ça peut être un peu difficile, mais au moins, quand on est mort, on n’a pas besoin de manger des brocolis, ça a ses avantages. Au pied de l’arbre, ou sur un banc, les trois amis discutent tout en jouant. Quand Barnabé évoque une connaissance qui est morte pour de vrai, l’émotion s’invite dans le jeu. Avec leur logique enfantine, ils évoquent en vrac le fait d’être enterré “comme un trésor”, s’interrogent sur ce que peuvent ressentir les morts, et poursuivent leur jeu, dans lequel Joséphine est imbattable!

C’est un album étonnamment serin et joyeux, avec ses couleurs chaudes et lumineuses, certaines pages sont plus émouvantes, ce sont celles où un des protagonistes, en gros plan, est en pleine réflexion sur le sujet.

Mais la plupart, en plan large, montrent surtout trois enfants bien vivants et très occupés à jouer.

T’es pas mort fait partie de ces albums qui dédramatisent le sujet en le montrant à travers les jeux, dans la lignée d’Anton et avant lui de cette bande de mouflets qui s’amusent à faire des enterrements comme des grands.
Outre les couleurs et la délicatesse du trait, le format à l’italienne incite à penser le fil de la vie comme une continuité, les trois petits canards ont encore un bon bout de chemin à faire avant d’en voir la fin!