Le camion méli-mélo, Stephen Savage, pastel, 12€

Vous vous souvenez du super-camion aux super-pouvoirs qui déneige la ville en secret la nuit?

Hé bien voilà son exact contraire. Le camion Méli-mélo ne paye pas de mine, il n’a pas de tenue de super-héros, et il ne sait pas ce qu’il fait. Mais il est tout aussi attachant.

Sur le chantier, le camion-grue soulève, le camion benne verse et la pelleteuse creuse. Chacun connait son rôle, tout roule. Mais le camion mélangeur est aussi perdu qu’un nouveau qui déboulerait à l’école un 30 septembre alors que tous ses camarades sont déjà là depuis un mois.

Les autres, sympa, lui disent que faire: « mélange la poudre de ciment blanc »

Ok, fastoche, il part chercher la poudre dans une usine à deux pas, et la mélange avec de l’eau.

On repère le mot « farine » inscrit en gros sur la façade du bâtiment. Impossible de le rater, la mise en page le met bien en valeur: il est gros, rouge et sur la page de droite, la « belle page », celle sur la quelle notre œil se pose en premier.

Mais notre petit héro à quatre roues ne sait pas lire. Il fait son mélange et hop! Un gâteau.

Bon, tout le monde à droit à l’erreur, mais les autres sont tout de même un peu dépités.

Il faudra trois essais à camion mélangeur pour remplir sa mission, suscitant un certain agacement auprès de ses camarades. Mais il trouvera une idée pour faire plaisir à tout le monde et trouver ainsi sa place au sein du groupe. Ouf.

Parce que les personnages sont des engins et que le texte est minimaliste, on évite le côté gnian-gnian qui n’est jamais loin avec ce type de thème, pleins de bons sentiments.

L’album est plutôt rigolo et les images toujours parfaitement construites, très graphiques.