Au début, Ramona Badescu, Julia Spiers, les grandes personnes, 2022, 22€
Et si, ensemble, nous remontions le temps?

C’est ce que nous propose ce récit, qui se déroule sur plus de soixante ans et qui montre la vie d’une famille, autour d’un néflier qui sert de fil conducteur au texte.
Dans les premières pages, nous sommes en juillet 2020, le néflier est majestueux, et autour de lui se réunit une grande famille. Que s’est-il passé avant cet été?

De pages en pages nous remontons le temps pour découvrir comment les évènements se sont enchaînés pour nous conduire dans ce jardin là, avec cette famille là. Le texte n’évoque quasiment que la nature, les oiseaux qui font leur nid dans les branches, les fruits qui poussent. Ce sont les images qui portent le récit. D’ailleurs, de nombreuses pages se passent totalement du texte.

Dans le coin en haut à droite, un encadré donne une simple date.
A la première lecture, on peut légitiment se sentir déconcerté. Difficile de suivre le fil, il y a de nombreux personnages et on ne sait pas encore quelques il convient de s’attacher, qui sera là jusqu’au début de l’histoire?
Quand on a terminé la lecture, on est incités à recommencer dans l’autre sens, et tout s’éclaire.
On a alors envie de recommencer la lecture, dans un sens puis dans l’autre, de se promener dans la ligne du temps, de sauter des pages même, ça y est, on a repéré les personnages, on s’est attachés à cette fillette devenue mère puis grand-mère, on a vu sa silhouette changer, ses cheveux blanchir, mais son regard conserve toujours la même douceur. On lui est reconnaissant d’avoir gardé la maison de son enfance, et de permettre aujourd’hui aux cousins de s’y retrouver, dans l’ombre du néflier. Il y a quelque chose de très agréable à se sentir accueillis dans cette famille.

Au début, Ramona Badescu, Julia Spiers, les grandes personnes

Les très belles aquarelles de Julia Spiers, qui m’avaient déjà éblouies dans “Une sieste à l’ombre” racontent magnifiquement le temps qui passe. On se plaît à voir changer les coiffures, les vêtements, les jouets, d’une décennie à l’autre. Et il s’en dégage une très grande douceur et sérénité.

“Au début” est un album dans lequel on plonge avec délice.