Rouge dans la ville, Marie Voigt, kaléidoscope, 13€

Une fillette, chaperon rouge sur le dos, doit traverser un milieu hostile pour apporter un gâteau à sa grand-mère.
L’histoire est connue, on attend déjà la confrontation avec le prédateur.

Mais ici, ni forêt ni loup.

Le lieu de tous les dangers, c’est la ville, que la petite, prénommée Rouge, doit traverser pour la première fois. Elle n’est pas seule, son chien Woody l’accompagne. Elle ne peut pas se perdre, il suffit de suivre le chemin de fleurs rouges, en forme de coeur. Mais les périls sont là, plus insidieux qu’une bête féroce, plus discrets qu’un monstre affamé, mais tout aussi dangereux.

Car ici, c’est la ville elle-même qui pourrait bien avaler l’enfant, l’engloutir, la digérer.

Et, à travers la ville, c’est la société de consommation qui est montrée comme prédatrice, qui entrave la liberté et prive Rouge de sa capacité de penser.

Le récit se tisse beaucoup par les images. Ce sont elles qui racontent la froideur de l’environnement, l’indifférence coupable des passants, la force hypnotique du marketing.

Le pelage, la queue ou le regard du loup y sont omniprésents, en échos aux images publicitaires.

On ressent très vite de malaise de Rouge, sa perte de repère. Et on partage son soulagement quand, aidé par son chien, elle finit par dépasser cette épreuve et que sa grand-mère lui démontre que la ville peut aussi être un espace d’épanouissement.

Un album étonnant et fort, lu aussi dans l’atelier de coeur