C’est ma mare, Claire Garralon, MeMo

Une seule mare, deux canards. Pas de problème, il suffit de partager. Une frontière, matérialisée par des pointillés blancs divise désormais l’espace. Canard jaune en haut, canard blanc en bas, chacun sa place et tout le monde est content.

Arrive un canard rouge. Comme les deux premiers il affirme: « Quelle jolie mare! c’est ma mare! » Un petit temps de réflexion et on partage l’eau en trois.
Puis en quatre quand arrive un canard vert.

Les canards affluent et l’espace devient rapidement saturé, chacun jouissant d’un espace de plus en plus petit.

Les parcelles deviennent tellement petites que plus personne n’a la place de bouger. C’est à ce moment-là qu’arrive le canard noir.

Mais lui ne revendique pas la propriété d’un morceau de mare, il veut juste y jouer, avec les autres de préférence.

Enfin les frontières sont abolies, les canards peuvent de nouveau se mouvoir et nous, lecteurs, on respire mieux!

Il y a une grande simplicité dans le trait qui sert pleinement le propos.

Les canards de plastique, tels qu’on les trouve dans les fêtes foraines, évoquent la société de consommation et leur comportement en montre bien les travers.

Ce n’est que grâce à l’intervention du canard noir que l’on comprend à quel point le désir de possession des autres nuit à leur liberté.

Mais l’histoire ne se termine pas à son arrivée et le message final est peut-être moins optimiste.