Le rendez-vous de Monsieur chat, Marie Poirier, les grandes personnes

Cette histoire toute en image, en linogravures lumineuses, nous entraine à la poursuite de Monsieur Chat, qui lui même suit une fillette.

Des personnages, nous ne voyons que le dos et parfois moins encore: Monsieur Chat se dissimule dans les feuillages, parfois on ne perçoit de lui que le bout des oreilles. Mais sa silhouette noire se détache nettement sur la page et les enfants, bien vite, la repèrent et la pointent.  La petite fille, elle, a une longue chevelure, surmontée d’un chapeau jaune. Étonnamment, les enfants s’y intéressent généralement moins qu’au félin et moins même qu’à la tache ronde du soleil, visible sur toutes les pages sauf une, et que l’on voit grossir au fil du récit.

Les rues que traversent les protagonistes, bleues et blanches, évoquent volontiers le bord de mer (pour moi c’est la Grèce, mais chacun peut y projeter ses propres souvenirs de vacances) et on n’est pas surpris de découvrir que le rendez-vous aura lieu au bord de l’eau.

Après vu d’en haut, Marie Poirier explore un nouveau point de vue qui, une fois de plus, met en jeu la capacité de lecture de l’image des enfants. Ils savent bien que les personnages ont un visage, un regard (on aperçoit furtivement celui du chat dans un miroir) et s’en font probablement une image mentale. A la fin de l’album, ils sont généralement très satisfaits quand, enfin, des personnages leur font face (je vous laisse découvrir les quels).

Comme souvent les albums sans paroles, ce livre grade quelques mystères pour lui, ce qui permet aux enfants de s’interroger et de laisser libre cour à leur imagination pour compléter l’histoire.

Mais les plus jeunes peuvent aussi prendre plaisir à contempler les images, peut-être même sans chercher un récit dans la succession de tableaux qui suffisent à les émerveiller.