Ou alors préférerais-tu… John Burningham, Kaleidoscope

Comme dans « préférerais-tu… », John Burningham nous expose ici une série de propositions improbables qui laissent le lecteur face à un choix impossible.

Est-il préférable, par exemple d’être embrassé par tatie Zélda ou par un hippopotame à l’haleine qui pue?

Pas facile, hein.
Heureusement, il y a aussi des alternatives plus agréables, comme prendre pour animal de compagnie un koala, un alligator, un vautour ou un mouton.

A chaque page, les enfants réfléchissent, pèsent le pour et le contre et donnent des arguments qui me laissent perplexe.

Moi, presque systématiquement, je botte en touche, ce qui me vaut de me faire traiter « d’adulte rabat-joie qui joue pas le jeu » par mes mouflettes. Elles n’ont pas tort.

Elles, jouent le jeu à fond et même le prolongent, en cherchent de nouvelles propositions entendues ça et là (« Préférerais-tu avoir les bras en mousse ou être suivie en permanence par un troupeau d’oies? » est un classique du genre) ou qu’elles inventent elles même (et dans les quelles j’ai bien souvent le mauvais rôle! « Préférerais-tu que maman t’appelle choupinette devant tes copains du collège ou qu’elle dise à ton prof de math ce qu’elle pense de lui? » a eu un certain succès)

L’histoire sort du livre, puis on y revient quand on est en mal d’inspiration.

Outre que ces albums remettent au gout du jour un jeu qui amuse souvent adultes et enfants, ils l’alimentent par les images qui renforcent le côté déroutant ou amusant des propositions.

Les illustrations sont un peu plus lumineuses dans cet opus que dans le précédent. On retrouve le trait caractéristique, intemporel, de John Burningham. Un style vif, faussement maladroit,  débordant, indomptable. Comme les enfants en somme.

Le petit garçon aux boucles rousses qui vit en image chaque énumération finit, comme dans « préférerais-tu… », par le choix le plus raisonnable: aller se coucher dans son lit. Quand on a bien joué avec les idées les plus absurdes ou farfelues, il est bon de s’endormir dans un environnement quotidien et rassurant.

« Préférerais-tu… » a toujours eu un grand succès en bibliothèque de rue, il est très apprécié par les enfants de maternelle et plus grands. Il suscite beaucoup d’interactions entre enfants ou inter-générationnelles. Je suis certaine que « Ou alors préférerais-tu… » sera tout autant plébiscité par les bambins.